En l’an de grâce 2019…

Il était une fois, un jour pluvieux d’avril, le deuxième du mois précisément, un compte bancaire qui abhorrait la modique somme de -1103,54 euros. L’heureuse élue à qui appartenait cette épargne, c’était moi.

Je m’appelle Charlotte, je suis jeune et belle ( quoique la gueule un peu dépravée par les multiples excès auxquels je m’adonne ), douce et généreuse ( ce qui nuit par ailleurs un peu plus à mes inexistantes économies chaque fois que je décide de payer une tournée ), altruiste et d’une humilité sans précédent… Et accessoirement au RSA. Je procrastine beaucoup. Paresseuse et naïve, je me persuade que le travail viendra à moi même si je ne me donne pas la peine de lui tendre les bras. Je suis une optimiste convaincue malgré une certaine forme de cyclothymisme en toile de fond.

Jeudi 28, je travaillais au sein d’un restaurant en tant que serveuse afin de remplacer le titulaire habituel du poste, lors de son arrêt maladie. Un CDI au premier abord puisque j’ignorais absolument si la personne affligée de quelques maux souffrait d’un cor au pied ou d’un cancer en phase terminale. Sans jamais ne souhaiter le malheur d’autrui, j’espérais pour une fois que l’inconnu qui m’offrait à ses dépends un emploi, n’était pas juste vaguement claudiquant mais bel et bien usé par quelques tumeurs inguérissables.

Je vous vois venir à vouloir catégoriser mon égoïsme de monstrueux, mes macabres pensées d’indigestes… Et vous n’auriez pas tout à fait tort après tout. Mais pour une fois, enfin, qu’un boulot se présentait à moi ! J’appris ce même jeudi 28, à la fin de mon service et également de ce court CDI qui termina au moment même où je finissait de passer la serpillière, que la personne que je remplaçais ne pâtissait d’aucunes des afflictions mentionnées précédemment… Mais puisque je digérais l’évincement de mon poste au sein de l’entreprise, je ne me rappelle désormais plus des troubles de santé qui incombaient cet homme.

J’arpente donc à nouveau les sinueux chemins de pole emploi, nonchalante toujours, envoie une flopée de CV qui pour la plupart demeurent sans réponses et espère qu’un jour peut-être, je puisse vivre de ma plume ( ou de sculpture en pain de mie ).

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2 commentaires sur “En l’an de grâce 2019…

  1. Bonjour. Je m’présente, Ophélie, ex-chômeuse, confinée et prête à entrer dans le monde merveilleux d’une écrivaine qui ne vit pas de sa plume mais dont la plume semble vitale… Je suis enchantée de vous découvrir madame !

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