Lockdown – 18 mars 2020

J’ai l’air maligne, les phalanges en éventails entre les cuisses et la cyprine coulant le long des joues, je ne sais même plus ce qui humecte mes doigts maintenant. La larme aiguisée au bord des lèvres, il m’est tentant de faire éclore l’hémoglobine le long des jambes et de l’avaler jusqu’à la lie. J’aimerais frémir aux mélodies de votre écho ; Vous qui au printemps dernier faisiez fi de ma catatonie, vous qui cet été m’abandonnâtes sous vos semences (et sur les landes infertiles de mon corps, seul la rancœur parvint à pousser), vous qui en octobre m’avez distraite et disparutes sans un mot, vous tous, qui de l’hiver n’avez guère un seul ange dessiné dans les neiges, vous dont le silence n’est ni de marbre ni d’or, mais de tourbe et de cendre. Je me languis de vous.


J’ai l’air maligne, la pornographie panoramique et les doigts dans la chatte. J’ai l’air maligne, songeant à des voix dont j’ai presque oublié le son. J’ai l’air maligne, la réminiscence d’un avatar pour seul point d’orgue. J’ai l’air maligne, les pleurs pour unique océan à naviguer. J’ai l’air maligne comme ça, la bouche bée dont personne ne veut. J’ai l’air maligne, à gémir en diapason avec des comédien.nes de pacotille. J’ai l’air maligne, le sang aux tempes quand je trempe mes draps. J’ai l’air maligne comme ça, à masturber ce corps crasseux et lassé déjà.


Je baise des fantômes. J’ai baisé des mirages.

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3 commentaires sur “Lockdown – 18 mars 2020

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