20 avril 2020

 » Is this motion ever lasting or do shudders pass in the night ?  » Interpol – Evil

Si les rayons du soleil s’étirent à perte d’horizon pour finalement se cogner aux toits des immeubles adjacents, si les nuages aux parures lilas s’étiolent avant même que mes paupières ne se ferment, quel motif y a-t-il à contempler le jour se lever ?


Il pleut et j’ai cru un instant que les étoiles se mêlaient aux trombes d’eau qui martelaient le sol. Je me suis leurrée, les astres sont restés accrochés à leur plafond d’encre et me narguent de leurs lueurs hostiles.  » Écoutez ! Puisqu’on allume les étoiles, c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ? « , dit Vladimir. Comment dois-je les apprivoiser, si elles ne daignent guère éclairer ni mon sommeil, ni mes bribes de vitalité ? À qui sont donc nécessaires, ces pâles cailloux dont l’éclat me paraît si terne ?


J’ai peur des murs qui m’entourent autant que des cimes qui m’observent. L’océan me semble plus docile et ses abysses m’attirent d’avantage. Un enfant me disait un jour qu’il voyait des serpents se mouvoir à travers les cumulo-nimbus. J’ai beau les chercher, je n’en vois pas un. Et l’on dit que la vérité sort de la bouche des marmots… Calomnie. Les ophidiens s’élancent dans les mers, évoluent sur la terre. Les chrysopeleas ne s’élancent pas bien haut, ils planent au mieux tout comme moi sous l’emprise de stupéfiant, voilà tout ; et puisque mon addiction désormais n’a plus le parfum de l’herbe, je m’embourbe enivrée et creuse la tourbe comme un ver. J’ai perdu de ma grâce en vieillissant.


Je remue donc les sols, baise des terres plates et réalise trop tard, que le relief des pleines terres sied bien plus à mes desseins que les grivoises coucheries. Lombric errant, je creuse pour trouver ma dignité. Mais il n’est pas un tunnel dont la fin laisse paraître une quelconque lumière ; l’obscurité a enfoui dans ses ténèbres le souvenir d’un sourire et la rumeur de ce qu’il me restait d’honneur. Je rampe alors, sans une once de sensualité, dans les galeries solitaires qui façonnent mon ennui. Térébrante est ma douleur, romantique est ma torpeur.


Si seulement vos coups de pelles cessaient enfin, peut-être pourrais-je me mouvoir en paix.

 » Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
il fonce jusqu’à Dieu,
craint d’arriver trop tard, pleure,
baise sa main noueuse, implore
il lui faut une étoile !
jure qu’il ne peut supporter
son martyre sans étoiles. « 

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