10 mars 2021

Les grilles du parc se referment, il est dix-huit heures. Le ciel s’endort sous la bruine et les journées grisâtres me soulagent d’avantage que celles où le soleil se pavane, me rappelant de ses rayons fiers qu’il est l’un des rares à avoir aboli les règles du couvre-feu, bien heureux de décider quand il ira se coucher. Son triomphe ne m’intéresse pas plus que les annonces de Jean-jean, je m’enivre devant les deux de toute façon.

Le carnaval à l’extérieur est devenu banal et ferait de l’ombre à Venise et Rio, les sourires masqués se confondent, les heures se ressemblent et s’assemblent sans aucune harmonie. Mille feignent s’accommoder de l’incommodité morbide du quotidien, les commerçant.e.s sourient, les enfants jouent à la balle comme de furieux trublions, les étudiant.e.s crèvent de faim mais voilà une occasion rêvée pour seoir aux bikinis de l’été, les migrant.e.s apprennent à dormir à la belle étoile, les politiques flirtent avec la toile… Quelle mascarade !

Ma joie et mon optimisme sont à leur aphélie.

Correspondances de Stéphane Mallarmé.
Publicité

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s